Kant, Emmanuel (1724-1804). Critique de la raison pure. 1869
AMPHIBOLIED SCONCEPTSDERÉFLEXION349 sensibilité elles ne seraient que les formespurement sub- jectives de l'unité de l'entendement,mais sansobjet. La pensée, il est vrai, n'est pas en soi un produit des sens, et à ce titre elle n'est pasnon plus limitée par eux, mais elle n'a pas pour celaun usagepropre et pur, indépendant du concoursde la sensibilité,parcequ'elle serait alorssansob- jet. On ne peut pas mêmedonner le nomde noumène àun objet de ce genre, parce que le nom de noumènesignifie précisémentle conceptproblématiqued'un objet pour une tout autre intuition et un tout autre entendementque les nôtres, c'est-à-dire d'un objet qui est lui-même un problème. Le concept d'un noumènen'est donc pas le concept d'un objet, mais un problème inévitablementlié aux limites de notre sensibilité, celui de savoir s'il ne peut y avoir des objets entièrement indépendantsde cette intuition de la sensibilité,question à laquelle on ne peut faire que cette réponse indéterminée puisque l'in- tuition sensiblene s'appliquepas indistinctementà toutes les choses, il reste de la place pour d'autres objets on ne peut donc pas nier ceux-ci absolument;mais, faute d'un concept déterminé (puisque aucune catégorie n'est bonne pour cela), nous ne saurions non plus les affirmer comme objets de notre entendement. L'entendementlimite doncla sensibilité, sans étendre pour cela son propre champ; et, en l'avertissant de ne pas prétendre s'appliquer à des choses en soi, mais de se borner aux phénomènes,il conçoit un objet en soi, mais simplementcommeun objet transcendental,qui est la cause du phénomène(qui par conséquentn'est pas lui-même phénomène), mais qui ne peut être conçu ni comme quantité, ni comme réalité, ni commesubs- tance, etc. (puisque ces concepts exigent toujours des
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